Il faut quand meme que je vous parle un peu de ...

Publié le 1 Janvier 2013


 

Voila  mon village,
au fond on y aperçoit les collines de Pougues les eaux.La route qui continue l'ilot central
en direction de Pougues nous conduit a Nevers,
et sur la gauche on aperçoit un dernier grand bâtiment perpendiculaire a la route ,
c'est la grange.
Quant a la maison de mes parents, il faut se positionner à coté de la grange et entrer dans le village, donc du fond de la carte, suivre la route jusqu'à l'intersection et on arrive juste en face de la maison familiale.



un" quartier" porte notre nom dans ma petite commune
qui a bercé plusieurs générations.

 

La maison familiale avec mémé .




grands parents paternels avec leurs 2 premiers enfants, Maurice et mon père a droite dans les années 34/35 .





 

le 22 octobre 1955 mariage de mes parents.

 

Et oui c'est moi !!!
sur la Vespa de papa qui travaillait a
L' ACMA Fourchambault comme essayeur.


 

un des derniers anniversaire de mémé.

Elle était heureuse d'avoir un cadeau!!




 

En 86 pépé avec ELOA.

 

en 87 avec ELO.


 

pépé et mon père.

 

Mon père conduit le cheval suivi par son père tandis que Jean François le petit dernier se tient sur la charrette.

 



 

C 'est un petit village posé confidentiellement dans la campagne berrichonne du Cher.
On y est à une bonne vingtaine de km de NEVERS, ville qui m'accueillit pendant mon enfance et mon adolescence.
J'en suis partie en 72 pour Paris,  heureuse mais en même temps le cœur gros
car j'y laissais tous mes  souvenirs .
Je n'ai jamais abandonné cette région qui a bercé plusieurs générations familiales aussi bien
maternelles et paternelles.
Une bonne partie de ma famille est restée sur place.
Coucou Jean Paul, Françoise, Maga, Rolande, Nathalie,Manon, tonton Raymond, tata Raymonde ainsi que tous les autres que je n'oublie pas.
Avant je connaissais tout le monde dans mon village
 mais c'etait AVANT!!
pépé avec sa 'cibiche' de tabac gris roulée dans du papier 'job'.
 

 

Mon grand -père paternel était "garde champêtre", il y a bien longtemps car il aurait 105 ans aujourd'hui, et tandis qu'il s'amusait un jour à me demander si je connaissais la signification des 2 lettres brodées sur le devant de sa casquette "GC",
ma grand-mère en guise de mécontentement a haussé les épaules . Du haut de mes 8 ans , je lui signifie que je n'en avais aucune idée, et c'est tout bas qu'il me confie en souriant, car il avait de l'humour mon pépé; ça veut dire: "Grand Con" on a bien ri tous les 2.
je l'ai souvent suivi mon grand-père, quand j' étais en vacances.
Un jour j'étais allée le retrouver alors qu'il travaillait à empierrer un chemin de terre
avec Camille pris en renfort pour la besogne,
je les ai aidés et après il m'appelait parfois gentiment avec un air complice "le commis".
Il se plaisait à surnommer chacun, chacune
c' est ainsi que je faisais la différence entre " galope pernod", et "galope chopine",
la Milienne la femme de Milien,
ou encore Mamane que je croise plusieurs fois par jour quand j'y vais mais lui ne sait pas que mon grand-père le surnommait ainsi et que pour moi son surnom est resté , Panette etc...

Mais le surnom qui me plaisait le plus était "la biganette",
je ne sais pas ce que signifiait ce surnom
mais il collait bien à celle qui se prénommait Lucie,
une vieille femme ridée,
que je soupçonnais avoir été fort belle dans sa jeunesse et qui avait une poigne .....
une fermière, une vraie, qui avait maille à partir avec ses hommes
qui buvaient à la ferme.................
elle, qui avait, il y a 28 ans, en croyant que c'était ma fille, frotté un oeuf de poule tout frais pondu,
dans le creux de la minuscule main de ma cousine Emilie,
en me certifiant que ça lui porterait bonheur.
J'aimais aller voir cette vieille femme,
j'aimais pousser cette lourde porte qui laissait découvrir une grande pièce à vivre avec la table de ferme,
ses bancs qui étaient une invitation à s'asseoir,
une comtoise qui rappelait à l'ordre parfois,
le poêle à bois qui chauffait la maisonnée pendant nos hivers rudes,
la maie de laquelle la Biganette" sortait une miche de pain que ma grand mère m'envoyait chercher en dépannage, quand il en manquait à la boulangerie.
Derrière, dans la pièce fraiche étaient entreposées les denrées alimentaires dont les œufs tous frais que je venais chercher souvent .

 

Quand l'occasion se présentait, en cachette de ma grand mère, enfin je ne sais plus très bien si on lui disait après ou pas du tout? car la première fois elle était outrée.... j'allais retrouver mon grand-père au cimetière quand il faisait les relevés de tombes.
 

 

mémé au jardin.

 

Ce que j'aime au travers des gens de la campagne c'est cette approche de la vie telle qu'elle est, sans se poser mille et une questions et encore une autre
pour savoir si ça va vous traumatiser ou pas .....
la vie est une succession d'évènements qu'il faut prendre tels qu'ils arrivent, et je crois que mes grands-parents avaient cette philososphie de la vie
et je les trouvais rassurants.
Bon,
revenons à Pépé, je le regardais descendre dans la tombe et me raconter la vie de ces ossements,
je me souviens d'une petite fille morte du "croupe"
comme il disait, elle devait avoir 4 ans , elle avait été enterrée avec une peluche . Ce qui me fascinait c'était les bijoux en or qu'il ressortait, intact.... j'aurais aimé qu'il ne les remette pas à la famille et me les donne, mais je n'aurais jamais osé lui demander, et, quand bien même je m'y serais hasardée , je me heurtais à un refus catégorique, c'était certain.

 

Il n'y avait jamais personne dans ces moments là,
mais un jour j'y ai trouvé Max.
Max était un de ces types que l'on dirait simple d'esprit, il a voulu à tout prix me lire les lignes de la main , moi qui avais 14/15 ans ,
seules les lignes de chance et d'amour m'intéressaient,
j'avais un amoureux et j'aurai aimé savoir si j'allais, selon mon souhait le garder toute ma vie ... J'ai uniquement retenu que je mourrais vers 73 -74 ans et que vers 40 ans j'aurai une grave maladie.................................peut être pas si fou que ça.......... MAX finalement.
Mais pour ce qui est de l' âge de ma mort,
c'était sans compter , bien sûr, sur les énormes progrès de la médecine.
 

 


 

 

Il avait des lapins, mon pépé, qu'il tuait sous mes yeux, d'un coup.......... du lapin,
ça me faisait mal pour le pauvre petit lapin que j'avais regardé sauté, tournoyé dans le clapier mais pour me rassurer je me disais qu' après tout je n'y pouvais rien et grand-mère le cuisinait si bien ....
Il m'amusait beaucoup quand
tout heureux,
il nous annonçait la naissance d'une nouvelle portée, d'un ton quasi solennel:
........."ça y est, je suis grand père!"....
c'est dire s'il les aimait ses lapins, mais ça n'est pas pour autant que je considérais que j'avais enfin des frères et sœurs que j'aurais tant aimer avoir,
et ma grand mère se contentait, comme souvent en guise de mécontentement en levant les yeux au ciel....d'un haussement d'épaules.
Ma grande interrogation à ce moment précis, avant que je comprenne que c'était de l'humour,était de savoir s'il me considérait ni plus ni moins comme ces petites bêtes.............



 

"Une oie" parmi les dindes ..................
c'est moi à Vauvrille,
une ferme que mon grand -père et moi
rejoignions à vélo
pour
y ramener le fromage blanc
dans le bocal

.


 

Et nos folles virées à vélo pour aller chercher le fromage blanc dans les fermes,
ou le poulet
qui ferait office de dinde pour Noël.
Quand il y avait trop de neige pour prendre le vélo on devait y aller à " pinces"....

 

mon 2° mini vélo.

 

Mon pépé disait ''va voir ta m'man'' en parlant de ma grand mère,
et il se reprenait en disant :" t'es ben un peu nout' fille!"
et ma mémé d'acquiescer,
j'adorais ces instants chargés d'émotion.
Que de bons souvenirs avec ces grands- parents là.




 

mes grands-parents maternels a la Savatte, une ferme isolée à 1KM .

 

Il y avait les parents de maman dans le même village.
Quand j'ai su que mémère Pauline était gravement malade et que
jamais plus je ne la reverrai chez elle,
j'ai voulu transgresser les règles
qui interdisaient les visites aux malades, aux enfants de moins de 15 ans dans les hôpitaux; j'avais 13 ans et je n'ai eu aucun mal avec mon mètre 75,
à passer pour une jeune fille.
Je l'ai vue, affaiblie dans ce lit, elle m'a dit que jamais plu elle ne reviendrait à la SAvatte, qu'elle allait bientôt partir, et malgré mon envie de hurler mon chagrin,
j'ai trouvé la force de lui dire en souriant
que nous aurions d'autres moments heureux ensemble.

 

Mémère Pauline , cousine Danielle,
Serge notre cousin franco italien, moi,
en 1967.


 

Grand-père" Guste " qui se prénommait Raoul n'aimait pas trop les bébés car,
ça pleure souvent un petit ; j'avais su gagner sa sympathie en étant un
bébé que l'on n'entendait jamais, il est mort avant que j'ai pu avoir
des souvenirs de lui,
mais on m'a raconté qu'il était une force de la nature
et qu'il avait une voix.......
  que les copains de bistrot aimaient entendre un peu trop au gout de ma grand-mère,
les potes lui disaient: Allez!!!..., Guste encore
une petite chanson avant de partir!!'

 

Mon grand-père paternel à Sancerre chez sa fille Rolande .



 

Grand-mère Pauline , une femme d'une beauté remarquable
qui ne sortait pas de sa "Savatte"
sans avoir remis un peu d'ordre dans ses cheveux blancs tressés
et enroulés en un petit chignon
ni
sans avoir mis un vêtement de sortie
et surtout
sans avoir mis un peu de cette eau de cologne
qui sent encore si bon dans mes souvenirs,
c'est peut être d'elle que je tiens cette habitude de me parfumer???

 

Ma grand-mère Pauline avec sa plus jeune fille Elise vers 1925.

 

J'adorais ce petit bout de femme aux yeux d'un bleu profond que je  jalousais pour sa grâce, son intelligence son élégance et sa beauté.
Je me souviens quand nous allions chercher les pissenlits dans les prés inondés,
je n'osais avancer de peur de m'y noyer...
Pour le goûter,
elle avait la délicatesse de dessiner quelques traits sur le beurre des biscottes
"parce que c'était meilleur'' disait elle.
Je me souviens encore de ce matin estival
à mon réveil,
je suis sortie de la chambre pour aller la trouver sans succès,
je restais là sur le pas de la porte en plein soleil à me demander où elle était partie,
si elle avait pu m'abandonner,
s' il lui était arrivé quelque chose;
je restais là en plein soleil,
debout seule dans cette ferme isolée ne sachant que faire,
que penser et quand je l'ai vue revenir à travers champ "du piau" avec le ,pot de lait
en aluminium rempli du bon lait tout frais qu'elle rapportait pour mon petit déjeuner,
elle a de suite compris
en me voyant que j'avais eu peur, mes craintes se sont vite estompées.
A l'époque il n'y avait pas de réfrigérateur chez ma grand mère, on mettait les bouteilles à rafraichir dans le puits pour les trempées au vin et au lait
qui semblaient délicieusement plus fraiches que celles sorties du frigo,
et ses remèdes pour guérir des maux de ventre :elle me donnait une goutte de pastis dans un grand verre d'eau ,
l'hiver des pastilles "pulmoll" pour la toux.



A la Savatte en 1967, mes parents, Serge et sa mère Elise, moi, ma grand mere et cousine Danielle.

 

mes grands parents a "la savatte" avec maman.


 

Le souvenir de mes grands-parents,
que je voyais chaque semaine et pendant les vacances,
n'est sans doute pas étranger
à la joie qui m'envahit à chaque fois que je retourne dans mon village.
Il y a une quinzaine d'années,
j'ai décidé d'y acheter une grange pour m'y installer à ma convenance.
Bien ssûr ce village a changé:
les vieux sont partis , les jeunes l'ont depuis longtemps déserté
pour une vie plus facile en ville ,
mais
c'est un bonheur que de me retrouver dans mon village,
et j'ai hâte de pouvoir y aller
plus souvent

 



 

Rédigé par Ghislaine

Publié dans #FAMILLE

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